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Partout  sur la planète, vous trouverez de fidèles et acharnés soldats d'une armée puissante, les profanateurs de la Beauté. Pour les arts, ils vous diront qu'elle ne compte plus ; par leurs armes, ils commettront les sacrifices que préconise la soif de la haine ; par la pensée, ils transgresseront la finesse pour l'enlaidir d'une pellicule poisseuse et empêcher l'imprévisible buisson en fleurs. Le combat toujours est renouvelé entre l'érection du monument et son effondrement. 

Si notre époque est trouble, est-ce à dire que la tragédie se prépare, concours d'horreurs sur une scène d'ombres, de frayeurs, d'inactions et de doutes ? Présager pour exhorter ! Nous traçons les volumes et les formes utopiques des Fantômes de la Beauté, en errant au cœur d'un labyrinthe potentiel, celui de toutes les tragédies renaissantes. Les peintures et les dessins de Parmis Sayous préparés pour cet ensemble d'œuvres sont dionysiaques : Les Saigneurs de guerre, portraits d'êtres stériles qui répandent la laideur des songes en formes de diktats pour encercler les cités tremblantes. Les sculptures en plâtre érigent des figures plus apolliniennes, formes primitives imaginaires, surgies de nulle part, prêtent à lutter tant bien que mal contre le poids de l'arbitraire et la terreur mêlée à l'amertume. La rencontre entre les peintures expressives complètent les lignes plus primitives et calmes des objets énigmatiques. Chaque sculpture partage un regard : rouge vif. Pour relier les peintures à ces édifices de gypse, des textes mis en sons. 

 « J’ai œuvré en durée au cœur de l’inachevé sans idée de carrière si ce n’est celle de la matière. Je cherche le geste accompli, choisi, fixé qui me survivra. Le langage et la page ne sont jamais éloignés de mes volumes. Ils ne prétendent à rien de plus que l’émergence pour se frotter au grand combat de l’usure. Il y a toujours l’ombre d’une tombe sous le soleil de la ciselure. »

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